Quand Le Ciel Envahit La Terre – Un déluge d’erreurs

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Voici une traduction effectuée par nos soins, avec autorisation de l’auteur, d’un article du pasteur Bob Dewaay, publié par www.cicministry.org aux États-Unis. Dans cet article, toutes les citations du livre en question ont aussi été traduites

Dans cette analyse vous découvrirez que Bill Johnson commence par rejeter l’étude de la Bible pour ensuite pouvoir librement amener sa théologie non-biblique. Il croit en un grand réveil de la fin des temps, avec plus d’un milliard de nouveaux convertis. Une élite constituée de chrétiens ayant une onction supérieure, va mener ce mouvement.

Ces chrétiens feront de plus grandes choses que Jésus, car Jésus lorsqu’il était sur la terre n’était qu’un homme en relation avec Dieu (et non pas à la fois homme et Dieu) donc les chrétiens sont au même niveau que Jésus et peuvent faire les mêmes choses que Lui et même plus encore (interprétation incorrecte de Jean 14:12).

Selon Bill Johnson les signes et prodiges sont quelque chose que nous pouvons apprendre, il a créé une école à cet effet. Il laisse de côté les enseignements bibliques sur la diversité des dons et surtout le fait qu’il s’agit de dons de l’Esprit et non pas de quelque chose que nous pouvons nous approprier à notre guise.

Soyez vigilants, la version pour enfants de ce livre s’infiltre maintenant dans les écoles du dimanche et autres rencontres pour enfants.

Vu la longueur de ce document, nous le mettons également à disposition en format pdf à télécharger : Une Invasion d’erreurs – Bob DeWaay

Si vous comprenez l’anglais nous vous invitons à lire l’original, ce qui est toujours préférable. Il est disponible ici.

Il faut préciser que ce n’est pas que la vue d’un pasteur, loin de là. A titre d’exemple un autre article, en anglais, et consultable ici.

Notes de traduction :

Français                                                                   Anglais

Mouvement « Pluie de l’Arrière-Saison »          Latter rain

Dominionisme / domination                               dominionism

Signes et prodige                                                  Signs and wonders

 

Une analyse de

Quand Le Ciel Envahit La Terre / Bill Johnson

Par Bob DeWaay

Bill Johnson de Redding, en Californie, est devenu un enseignant populaire dans le mouvement des Signes et Prodiges. Son livre, Quand Le Ciel Envahit La Terre, révèle sa théologie sous-jacente. Johnson croit qu’il y aura un grand réveil des derniers temps qui sera initié par une «Génération Elie» (un concept du mouvement hérétique de la « Pluie de l’arrière-saison »), une génération qui va surpasser toutes les autres générations de chrétiens en ce qui concerne leur capacité à faire de grandes œuvres de puissance. Johnson prétend ceci à propos de lui-même et de ses associés :

« Nous allons porter l’onction d’Elie en préparant le retour du Seigneur de la même façon que Jean-Baptiste a porté l’onction d’Elie et a préparé les gens à la venue du Seigneur » (Johnson : 184).

Apparemment ces élites vont déclencher un grand réveil de signes et de prodiges, supérieurs à ceux de Jésus. Ils s’attendent à ce que cette explosion de miracles, provoque un grand réveil avant le retour de Christ. Johnson déclare :

« Je vis pour le réveil qui se déroule et je crois qu’il va surpasser tous les mouvements précédents combinés, apportant plus d’un milliard d’âmes dans le royaume. » (Johnson : 23).

L’hypothèse de base est que Dieu veut toujours faire des miracles abondants et remarquables, mais Il en est empêché  à cause de la peur et de l’incrédulité de l’église. Dieu attend l’arrivée de chrétiens spécialement oints et éclairés qui rendront enfin possible une invasion du ciel sur la terre avant le retour de Christ. C’est donc cette hypothèse qui définit le titre du livre de Johnson. Son sous-titre est « Un Guide Pratique Pour Une Vie de Miracles ». En conséquence, avec la bonne information, le zèle, le désir, la piété, la foi et l’onction, tout chrétien peut « rendre le surnaturel naturel » (Johnson : 133).

Dans cet article je vais vous montrer, à partir du livre de Johnson, qu’il a quitté l’enseignement chrétien orthodoxe à bien de graves égards. Il enseigne la doctrine de la kénose (Kenosis) hérétique de Christ. Il nie le principe du Sola Scriptura (l’Ecriture seule) issu de la Réformation. Il embrasse le piétisme, l’élitisme, le subjectivisme, le fidéisme, la théologie du dominionisme, et bien d’autres erreurs. J’ai la conviction que son réveil de la fin des temps est en fait l’apostasie de la fin des temps.

1      Comment introduire l’hérésie

Lorsque j’ai lu le livre de Bill Johnson, j’ai noté les différentes erreurs par catégorie.

A la fin du processus, le plus grand nombre d’entrées était sous « biais anti-scolastique » (ndt « contre l’école »). Johnson est fermement opposé à l’érudition minutieuse fondée sur une saine exégèse de l’Ecriture. Pour lui, cette étude est susceptible d’apporter l’asservissement et la mort spirituelle. Malheureusement, cette idée est largement répandue dans l’évangélisme actuel, mais le rejet de l’érudition de Johnson est assez flagrant.

Johnson prétend :

« Pendant des décennies, l’Église a été coupable de créer de la doctrine pour justifier son manque de puissance… » (Johnson : 116).

Il est difficile de comprendre ce point de vue alors que la plupart de nos établissements d’enseignement évangéliques se sont engagés dans le mysticisme postmoderne, avec des héros comme les mystiques Dallas Willard et Richard Foster. Il est difficile de trouver un collège biblique ou un séminaire biblique qui ne favorise pas la « formation spirituelle », qui est simplement un terme de fantaisie pour le mysticisme catholique. Pourtant, Johnson dénonce la présence de doctrine. Nous verrons plus loin à quel point il est prêt à s’écarter de la doctrine orthodoxe.

Il recourt à un passage souvent mal interprété qui favorise son parti pris anti-scolastique :

« Un mot impuissant est la lettre et pas l’Esprit. Et nous savons tous, ‘La lettre tue, mais l’Esprit donne la vie » (Johnson : 116).

Ce détournement du sens de ce que Paul a écrit dans 2 Corinthiens 3.6 a été utilisé depuis longtemps pour favoriser le subjectivisme et le mysticisme. Il en résulte une fausse idée, à savoir : que l’étude de la Bible va vous tuer spirituellement. Le contexte montre que Paul parlait des lettres écrites sur la pierre (verset 3), ce qui signifie les Dix Commandements. Paul explique comment la loi « tue » dans Romains 7.5, 6. Elle tue à cause de nos péchés qu’elle expose, non parce qu’elle est étudiée pour ce qu’elle signifie.

Par exemple, le « Tu ne volera point » a-t-il un sens secret, mystique qui ne peut être évalué que par une certaine élite, avec des impressions spirituelles subjectives, ou signifie-t-il ce qu’il dit vraiment? Il signifie ce qu’il dit. Mais pour vraiment vivre comme une personne qui est libre du péché de voler nous avons besoin de la grâce de Dieu qui vient à travers l’Évangile. Dans 2 Corinthiens 3, Paul parle de ceux qui ont la Loi, mais rejettent Christ. Bill Johnson, lui par contre met en garde les chrétiens en affirmant que l’étude de la Bible va les tuer. Ce faisant, il tord le sens du passage et diminue ainsi la valeur de l’Écriture dans l’esprit de ses lecteurs.

Johnson met garde contre « une Parole impuissante ». La Parole de Dieu ne peut manquer de puissance  que lorsque nous refusons de la croire et de lui obéir. Johnson suggère que lui et d’autres comme lui, qui refusent d’être enseigné dans la vérité, mais qui savourent les signes et les prodiges, ont « la puissance ». Le reste d’entre nous qui aimons et qui croyons à la Parole de Dieu (de l’Écriture, comprise selon l’intention des auteurs inspirés par le Saint Esprit) sont apparemment impuissants. L’enseignement de Johnson est faux et abusif pour le troupeau du Seigneur. Les chrétiens ordinaires qui ne peuvent pas reproduire les miracles de Jésus et de ses apôtres sont relégués à une catégorie inférieure : des chrétiens impuissants qui sont plaints par les élitistes comme Johnson.

Il est facile de voir où Johnson prend son attaque contre l’érudition chrétienne :

Ceux qui se sentent en sécurité en raison de leur compréhension intellectuelle de l’Écriture jouissent d’un faux sentiment de sécurité. Aucun d’entre nous n’a une compréhension complète de l’Écriture, mais nous avons tous le Saint Esprit. Il est notre dénominateur commun qui nous guidera toujours dans la vérité. Mais pour Le suivre, nous devons être prêts à sortir de la carte – à aller au-delà de que nous savons. (Johnson : 76)

Nous verrons dans la prochaine section exactement où Johnson est allé « hors de la carte » et où il veut nous emmener. L’affirmation selon laquelle nous ne pouvons pas connaître l’Écriture, mais nous pouvons savoir ce que l’Esprit-Saint dit par d’autres moyens est absurde. La Bible affirme que l’Écriture est le Saint-Esprit parlant à l’Église. Le Saint-Esprit a inspiré les Écritures. Nous comprenons la Bible en utilisant notre intellect.

L’approche de Johnson est d’employer la personne du Saint Esprit comme excuse pour rejeter l’étude savante de la Bible en faveur d’expériences religieuses non définies et subjectives. Il dénigre encore la Bible :

Mais en réalité, la Bible est un livre fermé. Tout ce que je reçois de la Parole sans Dieu ne changera pas ma vie. Il est fermé pour s’assurer que je reste dépendant de l’Esprit Saint. (Johnson : 93)

Il oppose Saint-Esprit et Ecritures, ce qui est faux. La Bible est le Saint-Esprit qui nous parle et sa puissance ne dépend pas de nous qui utiliserions l’expérience religieuse pour échapper à ses limites. N’importe quel manque de puissance pour changer nos vies est dû à l’incrédulité, pas à la signification de l’Écriture correctement comprise. Mais Johnson clame que le Saint Esprit nous mène hors de la carte. Il dénigre ainsi le Sola Scriptura (l’Ecriture seule).

L’absurdité de l’affirmation de Johnson est telle que je suis stupéfié de voir combien de gens sont trompés par elle. Par exemple, la revendication selon laquelle le Saint Esprit nous conduit dans la vérité (ce qu’il fait à travers l’Écriture) par des moyens subjectifs qui vont « en-dehors de la carte » et au-delà d’une approche « intellectuelle » est malhonnête. Ceux qui vont en-dehors de la carte vont quelque part. S’ils ont obtenu l’information directement de l’Esprit quant à la direction où ils devraient aller puis la suivent, ils se servent de leur intelligence aussi. L’information subjective du monde spirituel doit s’inscrire dans l’esprit de quelqu’un pour agir sur lui. Donc, si l’intellect est une mauvaise chose lors de l’étude de l’Écriture, pourquoi est-ce une bonne chose  lorsqu’il s’agit de déterminer quelles impressions subjectives suivre ? Mais Johnson avertit :

« L’Église a trop souvent vécu selon une approche intellectuelle de l’Écriture, vide de l’influence du Saint-Esprit. »

Ce faux dilemme (c.-à-d. soit l’intellect, soit l’Esprit) dupe ses lecteurs. Ils pensent que s’ils sont présents dans des réunions surexcitées telles que celles menées par Johnson,  l’Esprit est à l’œuvre, alors que s’ils  étudient soigneusement la Parole de Dieu une fois pour toute révélée, ils sont bloqués dans une situation « d’impuissance ». (Johnson : 76)

En rabaissant l’étude soigneuse de la Bible, l’érudit, et l’utilisation de son intelligence, Johnson désarme ses lecteurs au point qu’ils sont susceptibles d’hérésies du type qu’il enseigne. Par exemple,

« La réaction à l’erreur produit habituellement l’erreur. » (Johnson : 51).

Si cela est vrai, pourquoi Paul a-t-il écrit aux Galates, aux Colossiens et à d’autres pour corriger leurs erreurs ? Johnson se vante qu’il n’a pas lu les livres des personnes qui sont en désaccord avec sa version de réveil. Il minimise ou rejette constamment la valeur de l’étude scientifique. Il dit :

« C’est dans l’environnement de la louange que nous apprenons des choses qui vont bien au-delà de ce que votre intellect peut saisir. » (Johnson : 44)

Cette déclaration me rappelle ce que j’ai lu d’un adepte du Nouvel Age qui suggère que nous contemplions « le bruit du battement d’une main. » Comment apprenons-nous des choses sans qu’elles ne s’enregistrent jamais dans nos esprits ? Probablement par des sentiments subjectifs et religieux qui restent indéfinis. Par de tels sentiments les gens comme le Dalaï Lama se sentent près de Dieu. Mais le sont-ils ?

2      Johnson va « en-dehors de la carte » en enseignant une fausse Christologie

Bill Johnson embrasse une doctrine qui enseigne que pendant son ministère terrestre Jésus a fonctionné seulement en tant qu’humain et pas comme Dieu. Johnson affirme que le Christ a mis de côté sa divinité. Johnson dit :

« Il a fait des miracles, des prodiges et des signes, comme un homme en bonne relation avec Dieu… pas comme Dieu. S’il avait fait des miracles parce qu’il était Dieu, alors ces miracles seraient inaccessibles pour nous. » (Johnson : 29 ; accentuations dans l’original)

La théologie de Johnson requiert que les chrétiens fassent des miracles plus grands que Jésus. Si la divinité de Jésus a eu une quelconque influence sur ses miracles, alors nous pourrions penser que nous ne pouvons pas faire la même chose (et à juste titre). Donc Johnson embrasse ce qu’on appelle souvent l’hérésie de la kénose – que Jésus a mis de côté sa nature divine. Il a écrit ailleurs :

« Il a mis sa divinité de côté car il cherchait à réaliser la mission que lui avait donnée le Père… » (Johnson : 79).

La priorité de Johnson c’est que les croyants soient en mesure de faire des signes et des prodiges. Ceci lui fait faire de nombreuses déclarations qui brouillent la distinction entre nous et Christ et ainsi diminue le caractère unique de Christ :

« Pour que nous devenions tout ce que Dieu a prévu, nous devons nous rappeler que la vie de Jésus était un modèle de ce que l’humanité pourrait devenir si elle était en bonne relation avec le Père. » (Johnson : 138).

Au contraire, les auteurs bibliques ont affirmé que Christ était le Créateur (voir Jean 1.3 ; Hébreux 1.2). Une voix venant du ciel a affirmé que Jésus était le fils unique divin (Marc 9.7). La divinité de Jésus a été confirmée à de nombreux endroits dans les évangiles. Les auteurs des Évangiles utilisaient les miracles de Jésus pour prouver Sa divinité. Si Johnson voyait juste dans le fait que Jésus avait mis de côté sa divinité, alors les miracles prouveraient  que Jésus a seulement appris ce que n’importe qui peut apprendre s’il a une foi suffisante et une relation juste avec Dieu. Les revendications des Évangiles deviennent ainsi sans objet. Jésus n’est plus unique, mais seulement un éclairé spécial qui pourrait ouvrir la voie à bon nombre d’êtres éclairés comme lui. Nous avons alors un Christ du Nouvel Age plutôt que celui de la Bible.

Si la pensée de Johnson est correcte et que nous pouvons faire des œuvres plus grandes que Jésus (fondée sur son interprétation erronée de Jean 14.12 ; Johnson : 136), alors celui qui fait des œuvres plus grandes aura encore plus raison de se faire lui-même l’objet de la foi et du culte de quelqu’un. L’apologétique qui pointe vers la vie et les miracles de Jésus comme preuve de sa divinité deviendrait sans valeur parce que des humains pourraient faire de même.

La doctrine de la kénose est issue d’une mauvaise utilisation de Philippiens 2.7, où Paul dit que Jésus s’est dépouillé lui-même. De faux enseignants prétendent que Jésus « s’est dépouillé » lui-même de la divinité et qu’il est devenu un homme au cours de l’incarnation. Cette affirmation équivaut à la négation pure et simple de la divinité de Christ. Cette importante question est incomprise par des gens comme Johnson, qui attaquent le bien-fondé de l’érudition chrétienne. La négation de la divinité de Christ pendant son ministère terrestre par Johnson est la même que l’hérésie du mouvement de  « Parole de Foi »  qui nie la divinité de Jésus lorsqu’il est mort sur la croix. Ils prétendent qu’il a perdu sa divinité et a souffert en enfer comme un homme. Les deux sont des hérésies flagrantes. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

3      Bill Johnson a une doctrine non-Biblique de Dieu

Une compréhension véritablement théiste de la divinité nécessite certaines définitions. La définition la plus fondamentale est « éternel, existence inconditionnelle ». La raison pour laquelle une telle définition est essentielle pour la théologie chrétienne, est de distinguer Dieu tel qu’il s’est révélé dans les Écritures en comparaison avec d’autres divinités. Le Dieu de la Bible est unique : « Cela t’a été montré, afin que tu connusses que l’Éternel est Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre que lui. » (Deutéronome 4.35) Le vrai Dieu est éternel, et il a créé le monde à partir de rien. Tous les faux dieux sont créés et donc ne sont pas éternels. Le prophète a écrit : « Vous leur direz ainsi : les dieux qui n’ont pas fait les cieux et la terre, ceux-là périront de la terre et de dessous les cieux. »  (Jérémie 10.11). Le Nouveau Testament a affirmé que Jésus était le Créateur pour établir sa vraie divinité.

L’existence inconditionnelle est un corollaire de l’existence éternelle de Dieu. Si Dieu existait de toute éternité, avant toute autre chose, il n’y a rien en dehors de Dieu qui aurait pu causer son existence. Cela signifie que Dieu en tant que Dieu n’est pas dépendant de quoi que ce soit en dehors de Lui. Ceci est important car dans la christologie de Bill Johnson, la divinité de Christ est dépendante des circonstances. Elle disparait au cours de l’Incarnation pour revenir plus tard. Ce qui va et vient n’est pas éternel et inconditionnel. C’est la même erreur fatale du mouvement hérétique « Parole de Foi » et similaire à bien d’autres erreurs qui ont été condamnées dans l’histoire de l’Église. L’hérétique Arius était célèbre pour avoir dit de Christ : « Il fut un temps où il n’était pas. » Diverses hérésies christologiques ont été rejetées par les conseils de l’Église primitive et la définition de Chalcédoine (451) se présente comme une définition valable basée sur le véritable enseignement de l’Écriture. La définition de Chalcédoine n’est valable pas seulement parce que c’est un credo de l’histoire de l’Église, mais parce qu’elle est basée sur une solide exégèse biblique. Le prologue de l’Évangile de Jean (Jean 1.1-18) affirme que Jésus a existé de toute éternité comme Dieu et avec Dieu. Le prologue contient une allusion à Exode 34.5-7 où Yahvé s’est révélé à Moise comme Celui qui est plein de grâce et de vérité (Jean 1.14 et voir Jean 1.16). Jésus est donc équivalent à Yahvé le Créateur.

Quelle est la relation de ceci avec Bill Johnson et la kénose ? Si la divinité de Jésus peut être mise de côté alors celle-ci n’a jamais été une vraie divinité. La divinité n’est pas un attribut qui va et vient. Elle est ou elle n’est pas. Si elle est perdue puis regagnée elle est alors conditionnelle, et si elle est conditionnelle alors ce n’est pas une vraie divinité. Tout ce qui réduit la vraie divinité conduit à toute forme d’hérésie, de secte et d’enseignement de New Age. Si la divinité peut être gagnée, alors l’homme créé peut potentiellement l’atteindre. La Bible nie ceci. En outre, si la divinité peut être mise de côté ce n’est pas la divinité.

R.C. Sproul explique :

Si Dieu a mis de côté l’un de ses attributs, l’immuable subit une mutation, l’infini s’arrête soudainement d’être infini, ce serait la fin de l’univers. Dieu ne peut cesser d’être Dieu. Donc, nous ne pouvons pas parler correctement de Dieu mettant de côté sa divinité pour prendre l’humanité sur lui-même.

Si Jésus avait mis de côté la divinité, ce serait la preuve qu’il n’a jamais eu la vraie divinité. Ainsi la doctrine de Johnson est un déni de facto de la divinité de Christ. L’hérésie christologique est une hérésie. Point final.

Alors que signifie Philippiens 2.7, de quoi Jésus s’est-il dépouillé ? La réponse n’est pas la divinité, qui est éternelle et ne peut être compromise, mais les prérogatives divines. Le point de Paul traite de l’humilité de Christ que nous devrions imiter, pas de son statut en tant que Dieu.

Sproul explique :

Je pense que le contexte de Philippiens 2 stipule très clairement que ce dont il se dépouilla lui-même n’était pas de sa déité, pas de ses attributs divins, mais de ses prérogatives – de sa gloire et de ses privilèges. Il a volontairement masqué sa gloire sous le voile de cette nature humaine qu’il a prise sur lui. Cela ne signifie  pas que la nature divine cesse d’être divine pour devenir humaine. Dans la Transfiguration, par exemple (Matthieu 17.1-13), on voit la nature divine invisible percer et devenir visible, et Jésus est transfiguré devant les yeux de ses disciples.

La vraie doctrine du Christ est que, dans l’incarnation, il a pris sur lui l’humanité et non pas  mis de côté sa divinité. Le Christ incarné est pleinement homme et pleinement Dieu. Dans la théologie c’est ce qu’on appelle l’union hypostatique.

Johnson affirme que le Saint Esprit lui a permis de « sortir de la carte ». Je suis d’accord, Johnson est en effet « sorti de la carte ». La « carte » pour les chrétiens est l’Ecriture inspirée par le  Saint-Esprit. La « carte » définit les limites et lorsque nous traversons ces limites, nous ne sommes pas simplement perdus, nous sommes dans l’erreur impie. Le Saint Esprit ne conduit pas le peuple de Dieu en dehors de la carte qu’Il nous a donnée une fois pour toutes.

Donc Johnson nous donne un double coup bas. D’abord, il met en garde contre l’érudition et l’étude de la Bible sous peine de devenir spirituellement morts. Puis il introduit l’hérésie, que ses disciples n’ont aucun moyen de discerner puisqu’il les a fait fuir des outils nécessaires au discernement. C’est ainsi que des mouvements entiers partent de l’orthodoxie chrétienne et sont plongés dans la ruine théologique. L’hérésie de la kénose est une hérésie condamnable et est aussi atroce que l’hérésie arienne, qui a encore cours aujourd’hui au travers des Témoins de Jéhovah. L’hérésie christologique n’est pas une aide à l’action de l’Esprit-Saint comme le prétend Johnson mais elle attriste le Saint-Esprit.

Les milliers de disciples de Johnson n’ont probablement aucune idée qu’ils sont menés dans l’hérésie. Ils viennent pour les signes et les prodiges dans l’espoir qu’ils vont faire de plus grands miracles que Jésus. Ils sont fascinés par les affirmations qu’ils vont faire partie d’une génération d’Elie qui va vaincre le mal sur la terre avant le retour de Christ. Très peu se rendront compte que la doctrine du Christ qui leur est enseignée s’écarte de l’enseignement de l’église qui a été adopté par presque tous les groupes chrétiens depuis des siècles.

On pourrait faire valoir que la définition de Chalcédoine n’est pas biblique (ce qui n’est pas le cas). Mais la charge de la preuve incombe à ceux qui le contesteraient. On ne peut pas rejeter légèrement la doctrine du Christ qui a régné pendant des siècles. Le faire exigerait un travail théologique étendu et une argumentation biblique conçue pour persuader les chercheurs chrétiens conservateurs. On ne peut pas aller dans une telle voie à la légère. Mais Johnson le fait avec aisance niant la divinité de Christ pour la seule raison qu’il pense que ce sera probablement plus facile pour les chrétiens de penser qu’ils peuvent faire de plus grands miracles que Jésus. Il n’offre aucune preuve fondée que sa doctrine de la kénose soit biblique. Pourquoi devrait-on le prendre au sérieux ? Malheureusement, des milliers le font.

4      La Théorie Des Signes Et Prodiges

La chose la plus importante de toutes, pour Johnson et ses adeptes, est la présence des signes et des prodiges – plus il y en a, mieux c’est. La raison en est qu’ils sont une condition nécessaire pour le réveil espéré pour la fin des temps, qui sera lancé par une « génération Elie » de chrétiens d’élite. Johnson dit:

« Notre mandat est simple : élever une génération qui peut ouvertement afficher la puissance brute de Dieu. » (Johnson, 27, 28).

Posséder un tel pouvoir est ce qu’il appelle un « évangile authentique », car « l’impuissance est inexcusable » (Johnson, 27). Nous sommes le problème, prétend-il, car Dieu veut faire des miracles, mais Il ne le peut pas à cause de notre mauvais état d’esprit. Les miracles attendent la venue d’une génération d’êtres éclairés qui connaîtront le secret. Nous avons donc une définition des miracles du Nouvel Age.

Pour démontrer que dans la théologie de Johnson le surnaturel est quelque chose qui peut être appris et maîtrisé par l’homme (ôtant ainsi l’état surnaturel), on voit qu’il a fondé une école du surnaturel. Elle est appelée l’École Bethel du Ministère Surnaturel. Une fois que le surnaturel peut être maitrisé par des procédés que l’on peut apprendre et qui sont reproductibles, il n’est plus surnaturel, mais naturel. Dans le Nouvel Age aussi nous trouvons « Un Cours des Miracles ». Dans cette pensée, il n’y a rien de vraiment surnaturel, car toute la nature est infusée avec Dieu (Panenthéisme). Compte tenu de son dégoût pour l’érudition, Johnson n’a probablement pas vu les implications de son « école du surnaturel ».

S’il y a un processus à apprendre ou un état religieux à atteindre qui permette aux humains de produire des miracles à volonté, de tels miracles deviennent des événements naturels. Johnson affirme,

« Le but de l’onction est de rendre le surnaturel naturel. » (Johnson, 133).

Cela ressemble à l’ouverture à un nouveau monde, mais cela consiste à amener le concept « surnaturel » dans une vision du monde panenthéistique plutôt que biblique. Le concept biblique du surnaturel nécessite une vue théiste de l’univers dans laquelle le Dieu transcendant de la Bible a créé le monde à partir de rien, mais reste providentiellement impliqué dans Sa création. Dieu peut et Il intervient dans les affaires humaines. L’œuvre de Christ est vraiment surnaturelle. Christ n’était pas un illuminé qui a appris et partagé des secrets qui permettent à chacun d’atteindre le même niveau d’illumination. Cette vue du Christ est celle du Nouvel Age. Les œuvres de Christ étaient vraiment surnaturelles parce que le Créateur de l’univers était sur la scène de l’histoire et que ses œuvres ont prouvé sa véritable identité.

Si le surnaturel devient « naturel », comme le prétend Johnson, pour ceux qui ont une onction supérieure, alors le caractère unique de Christ est compromis. Le surnaturel était toujours là pour être accessible par ceux qui ont des expériences et des connaissances particulières, ce n’est donc pas vraiment surnaturel, mais une partie de la nature. Des miracles, dans une telle vision du monde, ne sont pas des miracles dans une perspective biblique.

Lorsque Paul parle de la puissance au sujet de l’Évangile, il parle de la puissance de Dieu pour sauver Juifs et Gentils par la croix : « Car je n’ai point honte de l’Évangile : c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec. » (Rom. 1.16) Paul utilise le terme « puissance » de la même façon dans 1 Corinthiens :

« Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. » (1 Corinthiens 1.18).

La puissance de Dieu par la croix nous sauve de la colère de Dieu contre le péché. Les faux enseignants peuvent accomplir des signes et des prodiges, mais ils n’ont pas le véritable pouvoir dont parle Paul. Les enseignants arrogants qui sont venus à Corinthe avaient des paroles de connaissance (gnose) et la sagesse (sophia), mais ils n’avaient pas la puissance de Dieu qui sauve les pécheurs perdus (1 Corinthiens 4.19, 20).

Ce qui a vraiment échappé à Johnson et ses adeptes est que la Bible prédit les faux signes et prodiges à la fin des temps. Il n’y a pas de prophétie dans l’Écriture au sujet d’une invasion de véritables miracles de Dieu qui se passeraient à la fin. Par exemple Jésus avertit :

 « Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus. » (Matthieu 24.24)

Les « christs » sont littéralement « les oints ». Il y aura ceux qui prétendent être oint d’une manière spéciale et qui feront de grands signes et des prodiges. Ils sont faux. L’Antéchrist (dont le nom et le rôle sont basés sur le concept de « oint ») fera de grands signes et des prodiges (2 Thessaloniciens 2.9) Paul a également prédit la tromperie de la fin des temps dans 2 Timothée chapitre 3.

Johnson balaye la possibilité d’une telle tromperie en appelant ces signes « contrefaçons » (Johnson, 110). Les faux signes et prodiges dont la Bible nous met en garde ne sont pas des tours de magie, mais des véritables signes qui pointent vers un faux message. Ainsi, le discernement des esprits concerne l’évaluation objective de l’enseignement (1 Jean 4.1-5) et non pas l’évaluation subjective de miracles apparents. Une guérison psychique peut être une véritable guérison, sans être de Dieu. Elle est connue pour être fausse par le faux enseignement du guérisseur. Même si un tel faux enseignant produisait une véritable guérison vérifiée, l’enseignement et l’enseignant seraient toujours faux. Ainsi Moïse a mis en garde au sujet des faux prophètes dont les signes se réalisent, mais qui pointent vers une fausse déité :

« Si s’élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t’annonce un signe ou un prodige, et qu’il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t’a parlé en disant : Allons après d’autres dieux, -des dieux que tu ne connais point, -et servons-les ! Tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui vous met à l’épreuve pour savoir si vous aimez l’Éternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme. » (Deutéronome 13.1-3)

En combinant des signes et des prodiges avec une fausse christologie qui nie la divinité de Christ, Johnson a placé ses adeptes au centre de la tromperie de la fin des temps. Maintenant, plutôt que d’un « Oint » (Jésus-Christ qui est unique), il y a beaucoup d’ « oints » qui soi-disant peuvent faire des miracles plus grands que Jésus. Cette situation est décrite dans la Bible :

« Petits enfants, c’est la dernière heure, et comme vous avez appris qu’un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists : par là nous connaissons que c’est la dernière heure. » (1 Jean 2.18).

« Les antéchrists » au sens du grec, sont des « oints » de substitution. Dans la Bible, tous les chrétiens sont aussi « oints » par Dieu, et seul Jésus est particulièrement oint, c’est-à-dire, le Messie. Un groupe d’élite de ceux particulièrement oints qui constituent la « génération Élie », tel qu’enseigné par Bill Johnson et sa théologie issue du mouvement de la  Pluie de l’Arrière-Saison, serait considéré comme antéchrist.

Une question connexe est de savoir si oui ou non Johnson et compagnie sont en train de faire de plus grands miracles que Jésus. Dans Luc 8, nous voyons Jésus calmant la mer, délivrant l’homme démoniaque le plus inimaginable, guérissant les malades et ressuscitant les morts. Le point de Luc est que Jésus a le pouvoir sur la nature, Satan, la maladie et même la mort. Ainsi, Jésus est le Seigneur de l’univers, et ses déclarations sont vraies. Est-ce que quiconque de l’élite de la génération d’Élie de Johnson affiche plus de pouvoir et d’autorité que Jésus ne l’a fait dans Luc 8 ? Johnson énumère un certain nombre de manifestations typiques dans une section qu’il intitule : « Quand Dieu colore en dehors des lignes ». Ils comprennent des rires, de la poussière d’or apparaissant de nulle part, de l’huile apparaissant de nulle part, du vent dans une pièce fermée, un nuage apparaissant, un parfum senti, des pierres précieuses apparaissant et des plumes qui tombent dans des réunions (Johnson : 141). La plupart d’entre eux n’ont aucune préséance dans l’Écriture, et aucun d’eux n’est aussi profond que les signes messianiques de Luc 8.

Il y a une certaine naïveté qui accompagne ceux qui suivent la théorie des signes et des prodiges. Une fois, j’ai organisé une réunion régulière de pasteurs. À l’une de ces réunions, un pasteur venait d’être témoins de la soi-disant « bénédiction de Toronto » (le réveil du rire comme on l’appelait). Il a raconté comment alors qu’il était debout dans une file pour la nourriture, l’un des participants a commencé glouglouter comme une dinde et à se pavaner en utilisant ses coudes comme des ailes de dinde. Le pasteur a conclu que Dieu était à l’œuvre. Rien n’est assez bizarre pour amener ceux qui croient aux « signes et prodiges » à se remettre en question.

Les signes et prodiges qui accompagnent une fausse christologie comme celle de Bill Johnson, ne prouvent pas l’existence d’un grand réveil de fin des temps. Au contraire, ils prouvent l’existence de la tromperie de la fin des temps annoncée dans la Bible.

5      La Théologie du Dominionisme

La théologie de Johnson contient un mélange de beaucoup de mouvements problématiques de notre époque. L’un d’eux est l’enseignement de la « domination », populaire dans le mouvement « Parole de Foi ». L’idée est que Satan a réussi à arracher la terre à  Adam et Eve  ainsi que l’autorité sur elle, en laissant Dieu en dehors, trouver un moyen pour la récupérer. Le plan de Dieu était que Jésus vienne et la reprenne de Satan (ce qui, selon les  enseignants de « Parole de Foi » se serait produit en enfer pendant le prétendu séjour de Jésus là-bas et de sa lutte avec Satan en tant qu’homme, et non pas comme Dieu).

Puis, toujours selon cette théorie de la « domination », Jésus aurait délégué à l’église le travail de reprendre le contrôle de la terre des mains de Satan et de la mettre sous le contrôle de l’église.

Johnson enseigne

« tout ce qu’Adam possédait, y compris le titre de propriété sur la planète avec sa position correspondante de la domination, est devenu une partie du butin du diable » (Johnson : 31).

Comme d’autres de son acabit, Johnson prouve que la terre appartient à Satan en se basant sur l’histoire de la tentation de Satan envers Jésus dans le désert. Où Satan offrait les royaumes à Jésus. Ce serait la preuve que Satan, et non Dieu, avait les « clés de l’autorité » de la terre (Johnson : 32). Jésus les aurait reprises et données à l’église (Johnson : 32). La preuve que nous aurions retrouvé la domination qu’Adam avait soi-disant perdue, se trouve dans la réalisation des caractéristiques promues par les enseignants de « Parole de Foi » :

« Dans la mission d’Adam et Eve de soumettre la terre, ils étaient sans maladie, sans pauvreté, et sans péché. Maintenant que nous sommes restaurés selon Son (ndt : Dieu) objectif original, devrions-nous nous attendre à moins ? » (Johnson : 33).

Johnson interprète la prière du Seigneur[1], qui est principalement une prière concernant le retour de Christ, pour sa théologie du « Royaume maintenant » : « c’est l’objectif principal de toute prière : ce qui existe dans le ciel doit être libéré sur la terre. » (Johnson : 59). Cela signifie que si nous avons des problèmes dans notre vie, nous manquons de foi, nous prions à tort, ou nous ne parvenons pas à comprendre notre rôle de domination. Johnson explique :

« Cette invasion permet aux circonstances ici-bas de s’aligner avec le ciel. » (Johnson : 59).

Cette invasion se trouve dans le titre de son livre.

La vision de la fin des temps de Johnson voit les chrétiens fondés dans les Ecritures être un problème qui arrêtera le réveil :

« La deuxième plus grande raison pour la fin du réveil [derrière l’extinction de l’esprit interprétée comme toute remise en question des manifestions bizarres] c’est quand l’Église commence à attendre le retour du Seigneur au lieu de poursuivre une plus grande percée dans la Grande Commission. » (Johnson : 161).

Auparavant, Johnson avait interprété la « Grande Commission » avec les termes de sa théologie du dominionisme. Ceux qui comprennent correctement la prière du Seigneur deviennent des gens à problèmes qui empêchent le réveil. Selon lui, désirer le retour du Seigneur est déconseillé.

L’eschatologie du retour prochain de Christ est remplacée par l’eschatologie de la domination, « royaume maintenant », qui voit le concept de « Maranatha » (Jésus vient) comme une menace au réveil.

6      Un Déluge d’erreurs

Le rejet de l’érudition et l’exégèse minutieuse, dans le cas de Johnson, mène où il le fait toujours : à  diverses erreurs théologiques. Il y en a beaucoup et il faudrait trop de temps pour les couvrir en détail mais elles doivent néanmoins être abordées. Je vais le faire brièvement dans cette section.

7      Gnosticisme

Le gnosticisme est une hérésie ancienne qui affirme que le monde matériel est mauvais et le domaine spirituel  bon. Johnson déclare :

« La foi est la clé pour découvrir la nature supérieure du monde invisible » (Johnson : 43).

La vérité est que les deux royaumes, visibles et invisibles contiennent à la fois du bon et du mauvais. Les deux sont créés par Dieu, et aucun n’est naturellement supérieur. Lorsque la Bible parle de ce que l’on ne voit pas, ceci inclut des choses comme l’accomplissement des promesses futures et ne se limite pas aux « royaumes » ontologiques tels que le matériel et le spirituel. Johnson affirme qu’il existe un potentiel déverrouillé pour voir dans le monde spirituel soi-disant supérieur :

« Beaucoup d’entre nous ont pensé que la capacité de voir dans le monde spirituel est plus le résultat d’un don spécial que d’un potentiel non-utilisé de chacun » (Johnson : 43).

Il abuse Hébreux 11.1 pour enseigner sa compréhension gnostique des domaines :

« L’invisible est supérieur au naturel… Parce que l’invisible est supérieur à l’environnement naturel, la foi est ancrée dans l’invisible. » (Johnson : 45).

Mais dans Hébreux 11, ce qui était invisible aux patriarches était la réalisation future des promesses de Dieu, non seulement les réalités célestes (bien que celles-ci sont incluses). Il y a beaucoup de mal dans le monde invisible, donc les catégories gnostiques de Johnson ne sont pas ce que les auteurs bibliques avaient à l’esprit.

8      Elitisme

La Bible encourage la nécessité que chaque membre du corps de Christ soit considéré comme important et essentiel, quelles que soient ses dons (1 Corinthiens 12.14-25 ; Romains 12.3-8). Mais Johnson parle à plusieurs reprises d’un groupe d’élite de chrétiens devant être supérieur à tous les autres groupes dans l’histoire de l’église.  Bien sûr il s’agit de ceux qui sont associés à son mouvement et à d’autres qui embrassent l’hérésie de la Pluie de l’Arrière-Saison (La Maison Internationale de Prière à Kansas City – IHOP – est un autre exemple.) Par exemple :

« Une grande partie de l’opposition au réveil vient des chrétiens centrés sur l’âme. L’apôtre Paul les appelle charnels. » (Johnson : 47).

Il poursuit en affirmant que l’esprit (pas en majuscule mais signifiant l’esprit humain) influençant la pensée produit le vrai apprentissage.  Ses catégories rappellent celles de Watchman Nee, dont les faux enseignements m’ont nui au début de ma vie chrétienne. Paul n’enseigne pas que l’âme est problématique et l’esprit humain bon. Les revivalistes qui ont la véritable illumination en suivant leur esprit plutôt que leur âme, sont bien sûr ceux qui écoutent Johnson et d’autres enseignants. Ils seraient l’élite, et le reste d’entre nous condamnés à essayer de comprendre la Bible. La vraie gloire sera réservée à quelques initiés :

« Il vit dans tous les croyants, mais la gloire de sa présence vient se poser sur quelques-uns seulement. » (Johnson : 149).

Les illuminés font partie de la « Génération Élie » (Nouvel Ordre de la Terminologie de la Pluie de l’Arrière-Saison)

« Mais la bataille est perdue d’avance pour ces contrefaçons lorsqu’elles iront, sur le Mont Carmel du raisonnement humain, contre cette génération d’Élie qui est en train de se revêtir de la puissance du ciel » (Johnson : 150).

Son attaque sur la raison est sans relâche. Ses catégories divisent à tort le corps de Christ entre les illuminés et le reste d’entre nous qui attend d’être vaincu par les élites. La propension de Johnson à rejeter les gens que le Seigneur a sauvé et placé dans Son église est renversante dans son audace.

9      Fidéisme

Beaucoup de ces erreurs sont étroitement liées. Le fidéisme est la conviction que la foi fonctionne indépendamment de la raison et n’a besoin d’aucune preuve rationnelle quant à sa validité. Le fidéisme est démontré dans cette déclaration :

« Quand nous apprenons à apprendre de cette façon [par la foi], nous nous ouvrons à croître dans la vraie foi parce que la foi n’exige pas la compréhension pour fonctionner » (Johnson : 47).

Encore une fois, il fait un mauvais usage des concepts d’Hébreux 11. Par exemple, Abraham devait comprendre les promesses de Dieu pour avoir foi en elles. Dans l’Écriture la foi n’est pas déconnectée du contenu rationnel comme elle l’est dans la théologie fidéiste de Johnson.

10  Piétisme

Johnson montre les mêmes tendances piétistes que beaucoup, dans le monde évangélique mystique d’aujourd’hui. Il met en garde contre le manque de «rencontres de puissance” et la peur des expériences qui pourraient nous conduire loin de l’Écriture. Il déclare alors:

“Mais il est illégitime de permettre à la peur pour nous empêcher de poursuivre une expérience plus profonde avec Dieu!” (Johnson: 92).

Il met en garde:

“Dieu est plus grand que Son livre” (Johnson: 92).

La conséquence évidente c’est que nous devons avoir des expériences extra-bibliques à moins que nous vivions en tant que chrétiens inférieurs gouvernés par la peur. Les piétistes se tournent souvent vers des expériences d’ordre supérieur pour valider leur expérience chrétienne.

11  Subjectivisme

Johnson fait la promotion d’un Jésus mystique déconnecté de l’Écriture, de l’objectivité et de la vérification historique. Son Jésus n’est pas « Jésus venu dans la chair », comme Jean l’a enseigné. Le sien est un Jésus de rencontre mystique. Johnson prévient que la connaissance de la Bible peut nous rendre orgueilleux :

« … La connaissance enfle… »  Remarquez que Paul n’a pas dit la connaissance non biblique, ou la connaissance charnelle. La connaissance, y compris celle qui vient de l’Écriture, a le potentiel pour me rendre orgueilleux. Alors, comment puis-je me protéger de l’orgueil qui vient de la connaissance, même quand elle vient de la Bible? Je dois être sûr que cela m’amène vers Jésus. » (Johnson : 94)

Rien n’est résolu, parce que Paul met en garde dans 2 Corinthiens 11.4 à propos d’ «un autre Jésus ». Le « Jésus » le plus populaire dans le monde d’aujourd’hui c’est le Christ cosmique du Nouvel Age qui est également connu pour la puissance et les miracles. Johnson affirme que les révélations personnelles et les « rencontres avec Dieu » vont nous garder de l’orgueil et de la recherche de la gloire. (Johnson : 94). C’est manifestement faux. Johnson et ses adeptes prétendent être en mesure de faire de plus grands miracles que Jésus, mais ne sont-ils ainsi pas orgueilleux ? Ceux qui cherchent les Écritures et confessent le Christ de la Bible serait-ce alors eux les orgueilleux ? On se demande pourquoi Johnson cite la Bible, car il ne pense pas qu’elle signifie ce qu’elle dit en dehors d’une révélation mystique par le lecteur éclairé. C’est incroyable de voir comment les élitistes, qui font des revendications extravagantes dans lesquelles ils sont les héros et le reste d’entre nous des sots non éclairés, pensent qu’ils sont humbles et nous les chrétiens ordinaires (les pécheurs sauvés par la grâce) remplis d’orgueil. L’auto-illusion est un terrible état. Si nous ne pouvons pas faire confiance à la Bible pour nous corriger, pourquoi des expériences non définies du monde spirituel sous la bannière de « Jésus » seraient-elles dignes de confiance ?

12  Conclusion

L’invasion du ciel promue par le livre « Quand le Ciel envahit la Terre » est en réalité une invasion d’erreurs théologiques. Johnson dit qu’il n’y a pas de maladie ni de  pauvreté dans le ciel, ce qui est vrai. Cependant, il n’y a pas non plus de mensonge ou d’erreur dans ce même ciel. Le pot-pourri d’erreurs de Johnson  est étonnant par son ampleur. C’est un cas classique de zèle pour une cause séparée de la vérité théologique. Dans sa pensée, le zèle pour les signes et les prodiges (et le réveil de la fin des temps en résultant), baptise les erreurs théologiques, y compris sa christologie hérétique.

Ma conclusion n’est pas trop sévère : ce mouvement n’est vraiment pas du ciel, comme il prétend l’être. Beaucoup de jeunes sont ciblés et trompés par ceci. Des expériences fortes dans un contexte chrétien forment un élixir puissant qui émousse les sens théologiques. Je le sais parce que durant ma jeunesse, j’ai été moi-même attiré dans un mouvement similaire basé sur les expériences et dont j’ai accepté qu’elles l’emportent sur l’exégèse biblique. Heureusement Dieu m’a sauvé de cela et conduit, par l’Écriture, au vrai évangile. Puissent beaucoup de ceux qui sont dans les griffes de ce faux réveil être épargnés comme je l’ai été.

Bob DeWaay

Février 2013

 

[1] Ndt : Bill Johnson interprète le « que Ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel » par « que tout ce qui est dans le Ciel soit sur la terre ».

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